Caricature

Le mot est connoté. L’exagération à laquelle il renvoie n’est pas toujours d’une grande subtilité. Le terme évoque même plutôt le lourd et l’outrancier. Fidèle à son étymologie italienne « caricare » (charger), on retrouve cette pesanteur dans l’expression « caricare la mano » (avoir la main lourde). L’adjectif « caricatural » est lui même souvent employé dans le sens d’excessif, simpliste, voire grotesque et ridicule… Alors, la caricature est-elle définitivement à rejeter au panier des effets faciles et des portraits sans nuance ? Peut-être pas.

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Grossir et amplifier un trait de caractère, n’est-ce pas porter l’attention sur telle ou telle caractéristique, physique ou psychique ? C’est avant tout faire acte de sélection. Et c’est peut-être dans l’art du choix que se révèle l’artiste. Il exige un sens aigu de l’observation, pour déceler ce qui parfois se cache derrière les apparences. Pour dévoiler ce qui est évident, mais recouvert par le voile des préjugés, des habitudes ou de la pudeur… Là où certains choisissent les clichés, d’autres font preuve de clairvoyance et de perspicacité. En portant un regard neuf et poétique sur les êtres et les situations, ils éclairent le quotidien, terni par le prosaïsme.

Mais, que ce soit à travers le dessin, le cinéma ou le spectacle vivant, la caricature exige une autre qualité pour être lumineuse : la sincérité. C’est pousser jusqu’au bout (jusqu’à l’absurde) la logique d’un personnage ou d’une situation, en la vivant de l’intérieur. C’est peut-être en s’abstenant de tout jugement extérieur sur son personnage, que le comédien ou l’auteur peuvent nous permettre d’y croire, et à notre tour, de comprendre sans juger…

Cyril AUGIER

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