Le pouvoir des histoires : l’approche narrative en coaching

Le pouvoir des histoires : l’approche narrative en coaching

Les histoires fondent et façonnent nos vies. Elles influencent nos comportements et la façon d’interpréter les événements que nous vivons. Comment devenir auteur de sa vie en se réappropriant sa propre histoire. C’est tout l’enjeu de l’Approche narrative, pratiquée aujourd’hui par de plus en plus de professionnels de la relation d’aide (thérapeutes, coachs, psychologues, travailleurs sociaux…)

Fondée il y a une vingtaine d’années par Michael White (travailleur social australien) et David Epston (anthropologue néo-zélandais), l’Approche narrative est apparue en France au début des années 2000. Elle postule que notre représentation de la réalité est déterminée par des histoires ou récits, qui impliquent des choix narratifsMais qu’est-ce qu’une histoire ?! Pour les praticiens narratifs, les histoires sont des événements reliés entre eux à travers le temps par un thème. En effet, nous avons tous en tête une série d’histoires sur nos forces, nos faiblesses, nos compétences, nos motivations, nos réussites et nos échecs… Comment les avons nous élaborées ? En reliant entre eux des événements « discontinus », pour donner du sens à nos expériences. Or comme nous vivons chaque jour des milliers d’expériences (dont beaucoup considérées comme « insignifiantes »), nous en sélectionnons certaines, et nous en oublions d’autres.

Par exemple, si je considère que je n’ai pas le sens de l’orientation, je vais sélectionner sur ce thème différents moments où je me suis perdu et où j’ai pris la mauvaise direction, en omettant les très nombreuses fois où j’ai trouvé mon chemin sans problème… Ce faisant, je crée (et/ou je laisse créer par d’autres) une histoire dominante sur ce thème, au détriment d’histoires alternatives qui pourraient s’avérer préférables. Or il y a de forte chance que je perçoive désormais « mon sens de l’orientation » à la lumière ou plutôt à l’ombre de cette histoire dominante… Et comme le savent bien les coachs et les psychologues, mon comportement va s’en trouver modifié, par une forme de prophétie auto-réalisatrice, selon le théorème de Thomas : « Si les hommes considèrent des situations comme réelles, alors elles le deviennent dans leurs conséquences ».

Toute la complexité et la richesse d’un individu (ou d’une organisation) peuvent ainsi se trouver réduites, quand elles passent par le filtre de ces histoires dominantes ; ce qui s’avère particulièrement dommageable quand il s’agit d’histoires de problèmes. Car c’est l’identité même d’un individu, d’une entreprise ou d’une nation qui se définit par les histoires qui en tissent la trame. Les pratiques narratives cherchent donc à découvrir des exceptions et à développer des histoires alternatives, considérées par la personne (ou par le collectif) comme préférables.

De même, à sa façon, le théâtre d’entreprise peut grâce à la dramaturgie mettre à distance ces histoires à problèmes et construire avec les participants une histoire alternative, dans laquelle chacun peut se reconnaître. En aidant les personnes ou les organisations à expérimenter de nouvelles images d’elles-mêmes, ces nouvelles histoires ouvrent de nouvelles perspectives et possibilités comportementales.

 

Pas encore de commentaire ! Soyez le premier à laisser un commentaire

Laissez un commentaire

Haut de la page