SEEPH : attirer un large public sans décevoir les initiés

Scène de théâtre-enquête sur le TDAH et le risque de burn-out

La sensibilisation au handicap, chaque année à l’occasion de la SEEPH, doit relever deux défis liés à un même constat : ce sont souvent les mêmes personnes, déjà sensibilisées, qui viennent à ce genre d’événement.

Le premier défi est donc d’apporter des éléments nouveaux et opérationnels à celles et ceux qui ne se satisfont plus de généralités sur le handicap et l’inclusion, et qui souhaitent apprendre et repartir avec du concret. Le second consiste à attirer un public qui ne se sent pas concerné par le handicap.

C’est pourquoi la compagnie À Nous de Jouer ! propose une intervention ciblée sur le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) — l’une des formes les plus répandues de neurodiversité au travail — et sur son lien avec le risque de burn-out.

Le burn-out, un sujet qui concerne tout le monde

Selon le 16e baromètre Empreinte Humaine / Ipsos BVA sur la santé mentale au travail, publié en juin 2026, un salarié sur deux est en état de détresse psychologique — le niveau le plus élevé jamais mesuré — et 83 % d’entre eux déclarent que cet état est lié, au moins en partie, à leur travail. Près d’un tiers des salariés se déclarent par ailleurs en risque de burn-out. Plus préoccupant encore : dans une autre étude, menée par teale et Ipsos, deux salariés sur trois qui présentent des signes objectifs d’épuisement jugent leur santé bonne ou acceptable, faute d’en connaître véritablement les symptômes et les signaux d’alerte.

Ce n’est donc pas seulement un tiers des collaborateurs qui est directement concerné, mais l’ensemble du personnel — avec un rôle déterminant des managers pour identifier les signes avant-coureurs et prévenir l’épuisement professionnel de leur équipe.

Pourquoi relier TDAH et burn-out

Comme souvent, le vécu des personnes en situation de handicap nous renvoie à une problématique plus générale, et nous invite à la regarder autrement.

Une étude publiée en mars 2024 dans la revue AIMS Public Health, menée auprès de 171 salariés, établit que les déficits des fonctions exécutives font le lien entre TDAH et épuisement professionnel. En croisant cette étude avec d’autres travaux et avec ce que décrivent les cliniciens, nous pouvons identifier cinq facteurs qui expliquent pourquoi le risque de burn-out est plus élevé chez les personnes TDAH.

1. La surcharge des fonctions exécutives

C’est le mécanisme que documente l’étude ci-dessus. L’attention, la planification, la priorisation, la mémorisation, l’engagement dans certaines tâches et le respect des délais mobilisent chez la personne TDAH une énergie consciente et constante. Ce qui peut aboutir à un épuisement émotionnel et physique.

2. Le coût caché du masquage

Dans une étude canadienne récente, 91,6 % des 202 adultes TDAH interrogés déclarent masquer ou camoufler leurs traits en situation sociale, y compris au travail. Or l’énergie dépensée à surveiller et ajuster son comportement laisse moins de capacité disponible pour la réunion ou la tâche en cours. Et c’est un cercle vicieux : le masquage servant précisément à dissimuler les symptômes, l’employeur ne se doute de rien jusqu’à ce que l’épuisement devienne visible.

3. La dysrégulation émotionnelle

Les émotions — frustration, enthousiasme, découragement — sont vécues avec une intensité supérieure à la moyenne et sont plus difficiles à moduler en temps réel. Une remarque maladroite en réunion peut provoquer une réaction disproportionnée, mal interprétée par l’entourage, qui alimente ensuite l’incompréhension relationnelle. S’y ajoute une forte charge de honte et d’autocritique après chaque micro-échec.

4. Le cycle hyperfocus / effondrement

Phénomène souvent méconnu, les personnes TDAH ont une capacité d’hyperconcentration intense sur ce qui les motive, suivie d’un épuisement brutal. Résultat, un burn-out souvent plus fréquent et plus intense, avec des rechutes à répétition.

5. L’angle mort du diagnostic

Une grande partie des adultes TDAH ne sont pas diagnostiqués — beaucoup ne découvrent leur trouble que tardivement, parfois après plusieurs épisodes d’épuisement professionnel. Sans identification de l’origine TDAH, le retour au travail se fait dans les mêmes conditions que celles qui ont provoqué la chute. Le burn-out devient alors cyclique.

Notre réponse : une enquête collective

Sur un sujet aussi complexe et multifactoriel, nous avons fait le choix de l’interactivité et de la participation, pour favoriser l’appropriation du sujet.

Notre format de théâtre-enquête place les participants en position d’enquêteurs. Répartis en équipes, ils doivent comprendre ce qui a conduit le personnage de Léa en arrêt de travail : identifier les symptômes, son mode de fonctionnement, et les facteurs qui aggravent son TDAH. Pour cela, ils disposent de trois modalités :

  • ils assistent à des scènes jouées par des comédiens professionnels,
  • ils interrogent les protagonistes séparément, pour recueillir leurs versions,
  • ils recherchent des indices matériels.

Après concertation, les équipes partagent leurs conclusions et formulent des recommandations pour prévenir les situations à risque et révéler au mieux le potentiel des collaborateurs neuroatypiques. La séquence est suivie d’un complément d’apports et d’un échange avec les participants, animés par le coach de la compagnie aux côtés des comédiens.

De quoi attirer et motiver le plus grand nombre, et repartir avec un éclairage nouveau sur la neurodiversité et le TDAH, mais également avec des pistes concrètes en matière de prévention du burn-out.

Pour aller plus loin

Ce dispositif peut être programmé pendant la SEEPH comme à tout autre moment de l’année. Découvrez nos autres interventions sur le handicap, ou nos formats pour les collectivités et la fonction publique.

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